vendredi 1 août 2014

La vie, l'amour, les coquillettes, le musette et la bière...

Plus de quatre ans que nous nous sommes rencontrés avec M... Sur un site libertin. Notre première rencontre fut mémorable. Par un soir de mars 2010, une pluie battante, perdue pour trouver l'endroit de rendez-vous dans cette zone commerciale noire et trempée, ronds-points et enseigne lumineuses criardes...
Je finis par trouver. Je l'attends les yeux bandés, le coeur battant... Une première pour moi...
Je découvre sa peau, son souffle, ses mains... Puis son visage quand il enlève mon bandeau...Très joli souvenir.
Je me découvre. 
Clandestine - il est marié et moi aussi - la relation prend de plus en plus de place. On prend des risques...
Et puis on s'attache...
Et puis le temps passe...
Il quitte sa femme en septembre 2012. C'est dur, brutal, violent. Elle est psychologiquement malade, très dépressive, voire bipolaire, internée à plusieurs reprises, physiquement très fragile... Mais il n'en peut plus de cette vie commune de plus de vingt ans. Notre relation est un catalyseur. Il lui reste fidèle en ce sens qu'il est auprès d'elle, qu'il paye, au sens propre et au sens figuré. Elle connait mon existence, sa haine se focalise sur moi. Elle me traite publiquement de noms odieux. Elle tente de monter tous leurs amis, leur fille contre lui... Banalité parait-il dans tant de séparations...  Elle fait irruption deux fois, une furie qu'il a peine à contenir (physiquement) sur le parking de la maison où elle pousse des hurlements, des éructations... J'ai peur. Je suis choquée. Je crois qu'elle veut me tuer. Chantage, tentatives de suicide à répétition...
De mon côté, la vie change aussi.
Notre couple devient officiel.
Il finit l'été dernier, en 2013,  par rencontrer ma fille au cours d'un dîner, quelques uns de mes amis, on passe des vacances en bande de potes (no sex!) sur la Côte Atlantique. Je rencontre sa fille, jolie brunette du même âge que ma rejetone. Ca s'apaise doucement.  On habite à 150 bornes, mais on passe nos week-ends ensemble, alternativement rats des villes et rats des champs...
Et puis... J'ai des problèmes de boulot, il a (toujours) des problèmes avec sa femme, sa fille...
Cette dernière année, la relation s'enlise. On se voit essentiellement tous les deux. Pas vraiment de vie sociale commune, plus beaucoup d'excitation, des projets en berne.... On tourne en rond.
On baise moins, on ne baise plus...
Une forme de conjugalité s'installe...
Le 18 juin dernier (non non, pas d'allusion...), je lui envoie ça :

"Le temps qui m’est donné aujourd’hui me permet de réfléchir (un peu) à notre relation.
Qui est tombée, comme tu le faisais fort justement remarquer l’autre jour, dans une sorte de quotidien confortable (très) et un peu sans surprise…
Confortable comme un vieux jean un peu mou, celui qu’on met pour aller faire ses courses…
Confortable comme ces nuits où nous dormons côte à côte sans beaucoup nous toucher (je dors bien avec toi).
Confortable comme nos petites habitudes, apéro chez toi, verre au pub chez moi, course à pied, shopping ou balades (j’aime prendre l’apéro, courir, faire du shopping et me balader avec toi).
Confortable comme un métronome pour un apprenti pianiste qui répète son morceau…  
Nous avons tellement partagé nos histoires, nos problèmes, nos enfants… (j’aime partager avec toi).

Je crois pourtant qu’il commence à manquer ce piment à l’histoire qui en faisait le sel il n’y a pas (si) longtemps.
Je ne sais pas si c’est le temps qui passe, la vie qui se renouvelle peu (je dois dire que mon récurrent problème de boulot n’aide guère… ), la cinquantaine qui tape, la flemme, une forme de lassitude, la fatigue des semaines qui tombe sur les épaules le week-end, on se connait presque par cœur, on est en mode répétitif (mais comment faire autrement ? ), le confort donc…
J’ai toujours beaucoup de plaisir(s) à nos moments, et j’espère que toi aussi. Je  crois que toi aussi.
Et je sais à quel point tu m’es devenu important. Attentif, patient avec mes sautes d’humeur, mes cafards et mes peurs, aimant, rassurant, généreux…  

Mais ce minuscule caillou dans nos chaussures, qui gène un peu la marche. Oh ! Mais pas trop. Très peu même. On avance quand même… Sans enlever la chaussure.
J’aimerais retrouver dans nos yeux ce léger scintillement complice… Cette pupille un peu agrandie… J’aimerais retrouver nos jeux de mains, jeux de vilains… J’aimerais retrouver nos cœurs de Maître et de Soumise qui palpitent avant l’épreuve et le plaisir…
Je sais. C’est difficile peut-être. C’est du taf mental… Poser le vieux jean et enfiler le noir, le vinyle et le cuir… (Bon, surtout l’été… Fait chaud !).
J’ai bien quelques idées, pour s'obliger à rompre le confort. Comme quand on n’a pas envie d’aller courir… et qu’on y va quand même !
Et surtout, ne pas s’empêcher de ré-enfiler le vieux jean. Parce qu’il est indispensable dans la garde-robe…"

On en parle un peu de ce mail... On décide de prendre des vacances relax et coquines, de repartir au Cap...
On a envie de légèreté. 
Il y a trois semaines la nouvelle tombe : sa femme est atteinte d'un cancer. Elle a réussi... Elle s'est brouillée avec tout le monde y compris sa propre famille, elle n'a plus que lui... Elle le tient dans sa toile d'araignée de culpabilité, de chantage, de malaise... She's a poisonous Black Widow... 



Il y va comme un bon petit soldat, pour elle, dit-il,  et surtout pour leur fille (21 ans, un peu paumée, se cherche de petits boulots en petits boulots...). Il y va et suspend notre relation, me l'écrit, ne veut pas que je vive ça, veut me protéger, veut rencontrer des gens avec lesquels il parlera d'autre chose, m'écarte... Et se fabrique une fiche sur un site libertin, où il va régulièrement... Je le vois (sixième sens, j'ai pas cherché longtemps...). Peut-être que ce soir, "il parle d'autre chose...". Sauf que cette fiche date de 2011 et se termine par ces mots : "P.S: Je recherche également une charmante complice pour relation suivie". Il a toujours menti, par le passé (il me l'a dit) et aujourd'hui...
Et moi, je suis triste, jalouse sans doute (une saloperie la jalousie), je me rends compte qu'on a toujours été trois dans cette histoire, dans sa propre histoire plus complexe et tortueuse qu'il ne veut bien l'admettre... Est-il de ces hommes (nombreux semble-t-il??? J'ai pas de stats!) qui, lorsque la relation s'installe perdent le désir ? Ai-je tant vieilli en quatre ans ? Non, ça, je ne crois pas... Mais on est si prompte à se sentir déstabilisée...
CA ME FAIT CHIER! 
Bon. Voila. Je ne sais pas que rajouter. 
Je pars demain, seule, rejoindre une amie en Ardèche, puis, je file chez ma chère et tendre Lo revoir l'Océan. 
Je suis fatiguée de cette histoire. Et pourtant je tiens à lui. Tout cela est d'un banal...Putain! On devait partir aujourd'hui en vacances...

jeudi 31 juillet 2014

Les filles du bord de mer

Le Mistral a soufflé fort, emportant tout sur son passage...
Mon histoire s'est éparpillée aux quatre coins des rues.
L'impression d'être seule dans la grande ville poussiéreuse, chaude, sale et violente pour qui regarde les clodos plein d'alcool qui squattent les pieds des immeubles.  
Reconstruire la maison du petit cochon... En paille, en bois, en parpaing ?
Reconstruire les liens, les dîners entre amis, les coups de fils aux copines, les papotages, les babillages...
Reconstruire après l'absence et l'enfermement...
Reconstruire le pétillement de mes yeux.
Reconstruire le désir.
Reconstruire le plaisir. 

Envie d'être juste une fille du bord de mer...


mercredi 18 juin 2014

le Bain des Dames

Il est un coin de bord de mer, une petite calanque qui porte le charmant nom du "Bain des Dames".
Encore un peu secret, connu des autochtones, plagette de galets, quelques cabanons, des anneaux rouillés, une mise à l'eau en vieux ciment, ce petit coin offre une vue magnifique sur la rade, les îles toute en longueur, au loin, la Côte Bleue...
Quelles dames allaient se baigner dans cet endroit tranquille, loin des bruits de la ville ?
Quelles dames en maillot noir et couvrant, bonnet sur la tête, allaient tremper leurs orteils et leurs mollets dénudés dans la mer réputée pour ses vertus thérapeutiques ?
Plus tard, quelles dames en maillot une pièce, puis en bikini, allaient se dorer sur le minuscule quai en béton ?
Petite crique populaire, il y a aujourd'hui, l'hiver des pêcheurs et l'été une petite foule familiale et brailleuse.
En cette saison, les jours de semaine s'y baladent quelques personnes âgées, quelques collégiens qui sèchent l'école en cette fin d'année...
J'y avais rendez-vous ce matin. Mais les orages et la grêle ont chargé le ciel. Hier soir, la ville était calme, fraîche, humide. Les larmes des supporters algériens pleuraient la victoire des Diables Rouges et se mêlaient à une étrange atmosphère de fin d'été...
Je n'irai pas aux Bains des Dames ce matin. Mais bientôt, après la pluie, la plage...

mardi 10 juin 2014

Ca s'en va et ça revient.

Six mois plus tard, notre héroïne reprend pour quelques instants le fil de sa plume. Arrivée dans cette charmante petite commune entre Lubéron, Durance, Rhône et Camargue, un endroit de rêve, très très joli, plein de paysans super bio et de très beaux bobos, d'un petit peuple ni mieux ni plus mal loti qu'ailleurs, baladé entre traditions taurines et art contemporain, elle reprend aussi le fil de son blog de travailleuse qui était enfin sortie des statistiques du chômage.
Sortie des statistiques du chômage ? Non... Parce qu'elle va y retourner à Pôle Emploi...
De drôles de choses sont passées au mois de mars dernier. On appelle ça des élections...
Comme je bosse dans les collectivités territoriales, ce poste était soumis aux dites élections.
Le pire, c'est que ce maire ("socialiste"... Vous avez dit "socialiste"?) a été réélu. Il a eu chaud au cul, mais il a été réélu. Mais comme tous les petits politiciens locaux, il est lâche, mou du genoux, sans projet, sans perspective autre que caresser son (hypothétique) électorat dans le sens du poil populiste, les yeux déjà fixés sur la prochaine élection cantonale. 
Bref! Contrat de six mois non-renouvelé... Longue discussion avec l'édile pour essayer de le convaincre que ce poste est rentable à terme... Rien à faire. Non, non, mon travail n'est pas cause... Mais, la baisse des dotations d'état, la réforme des rythmes scolaires, (et ses propres erreurs de gestion...), bla bla bla... Circulez! Y'a (plus) rien à voir... L'inconséquence des élus locaux est incommensurable. Sur mon poste, en six mois, il a foutu (processus de recrutement d'un cadre inclus) dans le sable pas loin de 40 000 €... Quelle médiocrité, quelle imbécilité, quel gaspillage d'argent public! Et s'il n'y avait que lui...
Elevée par un hussard de la République, dans la religion de la démocratie, je ne sais plus vers qui tourner mon énergie et mes convictions. J'ai encore voté (vert, faute de mieux) aux Européennes, par respect pour ce droit de vote si chèrement acquis il y a deux siècles, pour ces femmes sufragettes qui ont payé si lourd leur tribu, pour ce droit bafoué, ensanglanté aux quatre coins de la planète. Mais il s'en est fallu de peu que je ne rejoigne l'écrasante majorité du peuple abstentionniste...Et je crois bien que je n'irai pas voter aux Régionales, pas plus qu'aux prochaines présidentielles...
Bref... Un gouvernement de m... dans un pays morose, au sein d'une Europe vendue au très grand capital, aucune écoute des citoyens, aucune démocratie locale, nationale...
C'était bien, le mariage pour tous. Quant au reste... ! On cherche. Et on n'est pas prêts de trouver!
Tout ça pour vous dire que Marie, Sardine à Marseille, a un avenir professionnel pour le moins incertain. 
Qu'à cela ne tienne!
L'été est là, et demain, sous les pavés, la plage...

mercredi 18 décembre 2013

Re...

Retravailler. Ca y est! Contrat signé... Je prends 6 mois fermes, la période aime les CDD... Mais si tout va bien (Y'a pas de raison! Hein! Y'a pas de raison...) ça sera reconduit... j'y crois bien là...
Reconsommer. Et hop! Je m'achète une automobile. C'est très banal d'avoir une voiture, mais je n'en avais pas. Avoir une voiture en centre ville est une aberration.  Bon. Là, j'en ai besoin. Pour aller bosser. En plus on m'a piqué mon vélo. Et le job est à l'autre bout du département. 90 km en vélo, c'eut été un peu prétentieux. Mon horrible banque (on n'aime jamais sa banque non?) a accordé un crédit à une chômiste promise à un CDD.
Repenser les mois qui viennent. Aller un jour s'installer ailleurs. Troquer l'hyper-centre de la deuxième ville de France contre la campagne d'Alphonse Daudet. C'est la foire aux santons en ville. Ca tombe bien! Je regarde les petites statues coloriées, certaines sont très belles, très réalistes, très variées, avec beaucoup de détails...
Reparler tranquillement à mon ex. Le temps passe. Apaisement. Retrouver ses défauts charmants ? Non. Ca non. Mais lui retrouver des qualités. 
Relire mon horoscope. Dans Marie-Claire, il est hyper top pour l'année qui vient. Un truc de fou. 

lundi 25 novembre 2013

Putain! Deux ans...

Dita fête les quatre ans de son joli Boudoir... Et je m'aperçois que moi aussi, j'ai un anniv' de blog... Deux ans. Novembre 2011, novembre 2013. Ce blog m'a accompagnée, vous m'avez accompagnée durant ce temps changeant...
Je suis rentrée dans la bloggosphère par hasard, par curiosité, presque par effraction... La lecture admirative de certaines pages, de certains "anonymes" qui me sont devenus familiers m'a incité, "comme tout le monde", à lancer ma bouteille dans l'océan du web.
Je trouve fascinant ce phénomène tout à fait moderne du retour à l'écriture par le journal intime, drôle parfois, poétique, érotique, photographique, politique, ce morceau de soi  partagé anonymement sur la toile... Je trouve ça fascinant et n'ai pas assez de temps pour lire tout ce que je voudrais...  
Un blog érotique d'abord, comme une sorte de défi à moi-même, raconter mes expériences nouvelles et récentes de libertinage et de pluralité, puis de BDSM... Mes expériences amoureuses. Ma double vie... Mon passé un peu tumultueux, mes Antilles, racontées tout au long d'avril en 2012, tandis que R  nous disait son Brésil en une vingtaine d'épisodes haletants...  Je m'en souviens. Mes rencontres et mes coups de lune, le blues et le printemps, la douceur de sa peau , les hommes,  ma séparation....
Et puis quelques commentaires, quelques personnes qui m'ont suivie, des bloggeurs qui s'arrêtent en prévenant gentiment, d'autres qui s'enfuient, laissent tout en plan, certains qui s'excusent, qui s'expliquent...  Partis vers d'autres bonheurs ou d'autres galères... Deux ou trois  rencontres dans la vraie vie (pas beaucoup, et rien qui soit du domaine amoureux... bandes de curieux!), des complicités, des mails, des pensées, des textos échangés avec quelques uns, quelques unes, comme des allumeurs (des allumeuses!) de réverbères...
Et ce blog qui est aujourd'hui rien moins qu'érotique, devenu un partage épisodique de ce qui me traverse.
Les choses ont beaucoup changé pour moi en deux ans. 
Mais c'est bien, c'est la vie. Et finalement, on partage pas mal sur ce foutu web, sous l'oeil de la NSA, de Google, de Big Brother (COUCOU!),  dans cette virtualité qui a souvent des accents de vérité et de sincérité que l'on retrouve assez rarement dans la dite "vraie vie".... Parce que c'est (souvent) la vraie vie!

Spécial dédicace : Dita, R, CUI, DDM, Eric, les quatre Pétroliens, l'Onirique, Chut, Flow, Peel, avec lesquels j'ai échangé un peu plus que des commentaires... Merci à vous et merci à tous les autres que je lis et qui me lisent, que je commente et qui me commentent parfois. Ou pas! 

Tchin tchin!

PS : Je suis une grande sentimentale...

lundi 28 octobre 2013

Changer de vie ?

Drôle de temps. Il fait beau, il fait chaud, la mer n'a pas refroidi. Je me suis baignée aux Calanques mercredi dernier. Elle était délicieuse. Hier, dimanche 27 octobre, c'était jupette et débardeur, sandales et lunettes de soleil... Le printemps dernier, on l'a beaucoup attendu le beau temps. Et voici que j'ai envie de fraîcheur et de champignons, de marrons chauds et de feux de cheminée. Ca viendra bien assez vite et comme d'hab' je râlerai de l'interminable hiver.

En ce moment, je profite du beau temps pour sortir mon petit pointu, il est un peu à ras de l'eau et je lance mes filets partout sur la Mer du Job... Une mer très calme qui parfois s'agite de quelques bans d'annonces ou de contacts prometteurs...  Plutôt du menu fretin que du gros poisson... Quoique...
J'attends en ce moment de voir si enfin mon filet va avoir des mailles assez fines et nerveuses pour que je remonte une prise... Que j'espère belle...
Et je changerais peut-être de vie. De ville.  De région. Ou pas. Mais je crois que malgré la beauté de Marseille, malgré les amis, les potes, le Mistral, la lumière, la mer, le bleu, les falaises de calcaire, les supions à la plancha et le marché de Noailles où le monde entier tient en quelques sacs d'épices, malgré tout cela,  je crois que je suis prête. Ou presque... 
Vamos a ver.

A part ça, Lou Reed est mort et on m'a volé mon vélo. It's a perfect day...