mardi 11 septembre 2012

Les filles d'aujourd'hui

J'ai une fille (oui, une seule, petite joueuse!) qui va avoir... 20 ans.
20 piges, 20  berges, 20 balais...
Et je trouve qu'elle est formidable.
Mais pas qu'elle. Je trouve que les filles de cette génération sont formidables.
Elles sont vives, curieuses, intelligentes, pas dupes, généreuses, marrantes, délurées, girlies et lucides... Et puis, elles sont belles, si belles car  même si elles ne sont pas parfaites, elles rayonnent et éclaboussent le jour.
Elles vont au cinéma, lisent et courent les festivals européens, des Vieilles Charrues à Sziget, du Boom à Marsatac. Elles vont à Berlin visiter les galeries d'art à ciel ouvert, voir le Bernin et Caravage à Rome, partagent un sandwich à plusieurs dans une chic brasserie parisienne en s'offusquant de son prix exorbitant, déambulent à Istanbul, campent entre gonzesses sur la côte portugaise et mangent des pâtes à rien, font de la récup un style de vie, se frottent à l'opéra et aux grands textes classiques, aux Inrocks et à Radio Meuh, et partent voir le monde. Sur la p'tite bande de ma nana, amies d'enfance, 8 filles toutes tatouées du même petit animal qui leur donne son nom (appelons les "les salamandres"), et qui toutes ont 20 ans cette année, l'une part un an au Mexique, l'autre en Slovénie, la troisième à New-York, la quatrième en Espagne...  La mienne partira l'an prochain au Chili... ou ailleurs. Mais elle va partir.
Son étonnante co-locataire quant à elle, tout de suite après un bac obtenu à 16 ans, est partie d'elle-même un an en Russie profonde, dans une famille, apprendre le russe qu'elle parle désormais couramment. Une petite assez stupéfiante qui vous analyse l'ère Poutine de l'intérieur avec une rare finesse...
Je suis fière d'elles toutes.
Et ne me dites pas que ce ne sont que des petites bourgeoises qui font des études aux frais de leurs parents, des filles de bobos, d'architectes, de médecins et de cadres. C'est en partie vrai (mais on s'en fout!) et c'est en partie faux. Elles ont des petits boulots, travaillent toute l'année et l'été, la plupart vivent avec beaucoup moins de 1000€ par mois tout compris, même si et heureusement, le filet de sécurité familial est toujours là...

Elles sont très pudiques et je connais mal leurs histoires d'amour. A la moindre question, je me fais gentiment traiter de fouine... Bon... J'ai appris des mois après tout le monde (après ses amies bien sûr, mais aussi après ma soeur, ma mère...) que ma petite avait vu le loup. Je sais qu'elle a été très amoureuse au printemps dernier, j'ai même croisé le garçon, je sais qu'elle a eu mal, et je sais qu'elle va bien maintenant... Je ne suis pas une mère copine et ma fille ne vit plus à la maison depuis deux ans. Elle vit sa vie et c'est très bien ainsi.

On ne peut être sûr de rien et je ne sais pas de quoi leur avenir sera fait. Je leur souhaite simplement de pouvoir le choisir. Mais il y a une chose dont je suis sûre : il va falloir que les mecs de cette génération soient drôlement à la hauteur!

jeudi 6 septembre 2012

En vrac...

Bon, alors, ok, c'est la rentrée.
Même ici, fait pas bien beau. Il a plu, c'est dire!

Après un fléchissement bien légitime dans la moiteur d'août, les affaires reprennent... 
Chacun a repris qui son cartable, qui ses charmantes habitudes... Certains font le ménage, histoire de laisser la place aux bonnes résolutions, d'autres nous rassurent sur leur santé. Il y en a qui ont fait peau neuve pendant l'été, il y en a qui ont de bien jolies humeurs. Il y en a une  qui revient apaisée et attentive... Il y en a qui se découvrent et d'autres que je découvre. Il y a  celui qui écrit si bien pour mieux se planquer et celle qui écrit si bien pour mieux se montrer (un peu).
Il y en a beaucoup d'autres... Que j'aime lire, que je ne commente pas, qui m'entraînent ailleurs aussi...
Il y a celles qui sont dans le silence, ceux dont on attend les prochaines pages, ceux qui ont disparu, celles qui se sont volatilisées. Il y a les les régulières et les épisodiques... Il y a une secrète et  puis il y en a de nouveaux et de ce coté là, c'est plutôt pas mal...
Enfin, y'a les resultats du Grand Concours de l'Eté de la Pétrolésie. Et ça, c'est cocagne!
C'est la rentrée. Faut que je mette à jour ma liste de blogs. 

Et puis demain, je le retrouve. C'est la rentrée décidément... 

jeudi 30 août 2012

Les maris, les femmes, les amants.

Et puis il y a lui, l'autre, "l'amant".

Au début, j'aurais pas donné cher de sa peau...

Amorce.
Jeu intense un soir de pluie battante. J'ai vu le loup, le renard et la belette.
Jeux pour moi inconnus.
Jeux de sexe, de cuir et de vinyle, jeux de miroir, jeux de séduction. 
Jeux de mains, jeux de vilaine. Jeu inversé. Jeux renversants. 
Juste des jeux. Juste des liens. Juste du chanvre ou du nylon. 
Liens quotidiens. Jeux de mots. Jeux d'ordres. Point d'orgue. 

Et puis, le temps... Assassin le temps ? Ou galant homme? Le temps. Un an. Deux ans. Presque trois. 
Premières fois. 
Premier week-end. Première nuit. Premiers jours. Main dans la main, nez dans le cou, balades d'amoureux... Liens quotidiens toujours. Intimité et quotidien. Rentrer dans la vie l'un de l'autre. 
J'ai résisté le plus que j'ai pu. Enfin, j'ai resisté un peu... Je me suis laissé envelopper de lanières et de caresses, de désir, de sexe torride, de sexe sombre et de sexe joyeux, de colliers et de bagues, de corsets et de bas... Rituels.

Pourtant j'aurais pas donné cher de sa peau. Au début. Et puis le temps... 

Sardine grillée. 
Ah ! C'est malin! 

PS: Tout cela est d'un convenu...

J'me fous de John Lennon

En fait, tu vois, ce soir, j'me fous de John Lennon.
Je voudrais te parler. Je voudrais te dire ce qui reste coincé dans mes yeux, dans ma gorge, dans mon ventre.
Je voudrais te dire que je t'aime et que je veux partir. Encore et encore.
Je ne veux pas te perdre et je veux m'en aller. Pas loin, pas pour toujours, pas tout le temps.

Avoir le courage. Pourquoi faut-il avoir du courage pour dire ce que l'on souhaite, ce que l'on rêve, pour dire qu'on veut vivre autrement ?
Qu'on ne voudrait garder que le beau, que le bon ? La poésie et le vin, les rires et le tango, les restos avec l'étudiante, les voyages et le bateau...
Pour dire qu'on ne fait plus l'amour, mais que ce n'est pas grave. Qu'on est passé ailleurs, parce que ça fait longtemps. Pas trop longtemps. Non pas trop longtemps... Juste l'écoulement lent et vif des jours et des nuits. Pas trop longtemps. Juste autrement.

On pourrait faire comme pour les mômes : un week-end sur deux et la moitié des vacances ?  

mercredi 29 août 2012

mardi 21 août 2012

Reprendre le chemin.

Ecouter Suzanne Vega et reprendre le chemin de l'écriture. Le chemin de la rentrée, le chemin de l'école, le chemin du travail, le chemin de la recherche de sa juste place, le chemin qui succède aux chemins de traverses, aux chemins lents et doux, lents et longs, aux minutes qui se succèdent tranquillement, aux journées qui s'écoulent sans but...
Ecouter Suzanne Vega et se dire que Tom's diner is very peaceful tonight and reminds me of old and happy times... When my girl was still a little girl.
Pas de nostalgie, juste la canicule qui annonce les premiers orages et la fin d'un été que je ne regretterai pas. Ou non ?
Ecouter Massive Attack. Love is like a sin my love... Look at her with her smile like a flame... The devil makes us sin and we like it when we're spinnin' in his grin... Je ne m'en lasse pas.


La ville est chaude et sent la pisse et la merde. Le roman de Mo Hayder sent la vase, le sang et la pourriture.
Ecouter les bruits de la ville, le scooter et la bagnole, la rumeur du tram, les cris des enfants qui jouent tard au ballon en bas, et bien se rappeler que l'hiver, on ferme les fenêtres...



mercredi 1 août 2012

Crumb

Sur cette petite plage du Var, au moment le plus dense, quand les familles débarquent en milieu d'après-midi, quand les mômes jouent en criant, quand les portables des ados mal élevés crachouillent du R&B de pacotille, je devrais être déjà partie à cette heure que je fuis, elle arrive. Impossible de la louper malgré la foule.
Elle détonne complètement au milieu de ce public policé et banal,  qui découvre des peaux blanches et roses, des complexes, un peu de cellulite et des petits bedons exhibés dans des maillots une pièce ou des bermudas trop vastes. Elle est grande et grosse. Elle est jeune encore, et son corps déborde d'un minuscule maillot de bain, petit triangle noir qui laisse voir la moitié de sa raie des fesses et contient mal ses seins monumentaux. Elle a du ventre, du cul, des cuisses, des mollets, des bras...
Elle a des cheveux longs, frisés et rouges, des ongles trop blancs de tigresse occidentale, une chaine sur sa cheville tatouée, d'autres tatouages, au creux des reins et sur l'épaule. Elle fume des Marlboro rouges. Elle n'est pas politiquement correcte. Elle enlève son soutien-gorge et découvre une poitrine gargantuesque qui tressaute quand elle marche et joue au bord de l'eau. Quand elle s'allonge, ses seins trop lourds s'étalent en masses oblongues de chaque côté de son buste. Toute sa chair exulte et nous dit Merde!

Je ne sais plus les mots qu'il emploiera, mais mon beau-frère dira le soir, au repas, qu'il l'a trouvé quasi-répugnante.

Moi, je l'ai trouvé érotique, femelle, élastique. Bandante.  Ma belle-soeur aussi...

C'est un drôle de truc la plage l'été...